ENQUÊTE. Eau : le Cameroun et la Banque mondiale accélèrent le SEWASH.

Yaoundé. Le 16 septembre 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a reçu Anna Cestari, responsable du Pôle mondial d’expertise en Eau de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Objectif affiché : passer au crible le Projet de sécurité de l’eau (SEWASH), le Compact National Eau et la gestion des ressources hydriques. Une audience de travail, loin des simples formalités.

Autour du ministre, plusieurs visages clés du dossier. On note la présence du Pr Barthélemy Ndongo, coordonnateur du SEWASH, d’Achille Herman Ngoko Mbang, directeur de la Mobilisation des Ressources en Eau, et de Carine Tiwa et Pélagie Ngo Biembe, de la DMRE. Anna Cestari est accompagnée de Pierre Lorillou, nouveau responsable Eau, Assainissement et Hygiène (WASH) de la Banque mondiale au Cameroun, et de Rodrigue Djakou Yopo, spécialiste Eau.

SEWASH : le calendrier se resserre

D’entrée, les deux parties ont fait le point sur les chantiers engagés. La Banque mondiale salue les avancées dans la préparation du SEWASH. Elle réaffirme sa disponibilité à accompagner la mise en œuvre.

La première phase du projet mobilise 200 millions d’euros. Le programme global, lui, est envisagé à hauteur de 800 millions d’euros. Les premiers dossiers d’appel d’offres pour les travaux sont en cours de préparation. Le ministre a donc instruit le coordonnateur du SEWASH d’accélérer les procédures. Objectif : soumettre rapidement les dossiers à la Banque mondiale.

Dans le même temps, la deuxième phase se prépare déjà. Les activités susceptibles d’y figurer sont en cours d’identification. Il s’agit d’anticiper leur préparation et de poursuivre la mobilisation des financements. Anna Cestari promet, au besoin, d’autres expertises de la Banque mondiale pour tenir les délais.

Compact National Eau : après N’Djamena, l’heure des actes

Ensuite, les échanges ont basculé sur le Compact National Eau. Anna Cestari s’est réjouie de la participation de haut niveau du Cameroun au forum de N’Djamena. Elle a aussi salué l’appréciation portée sur le Compact camerounais.

Mais l’enjeu change de nature. Il faut désormais traduire les priorités en actions. Et poursuivre la mobilisation des partenaires autour des investissements nécessaires. Les discussions ont abordé la place du secteur privé. Elles ont aussi mis l’accent sur la contribution des investissements dans l’eau à la création d’emplois.

Autre sujet sensible : la révision de la loi sur l’eau. Le dossier figure parmi les actualités abordées durant l’audience.

Lac Tchad : prévenir inondations et sécheresses

Par ailleurs, la Banque mondiale prépare une nouvelle initiative dans le bassin du lac Tchad. Le sous-bassin du Logone est particulièrement ciblé. Le but : améliorer la connaissance et la maîtrise des ressources en eau.

Cette initiative veut aussi renforcer la préparation et la prévention. Face aux inondations. Face aux sécheresses. Un enjeu de sécurité hydrique, mais aussi de stabilité pour les populations.

Ce qu’il faut retenir

Au final, le Cameroun et la Banque mondiale affichent une même volonté : accélérer. Le SEWASH avance. Le Compact National Eau entre dans sa phase de mise en œuvre. Le bassin du lac Tchad ouvre un nouveau front.

Reste maintenant l’épreuve des faits. Les appels d’offres, les financements et le respect du calendrier diront si la coopération tient ses promesses. Après les annonces, place aux preuves.

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