Décès suspect au Collège De La Salle : L’ombre du viol plane sur la mort d’Ozanne.

Une élève de 12 ans retrouvée inconsciente dans les toilettes, un père qui accuse, une enquête qui piétine. Retour sur une tragédie qui secoue Douala.

C’est une histoire qui glace le sang. Le vendredi 11 septembre 2026, entre 16h et 16h30, une élève de 5e du Collège catholique De La Salle à Douala est retrouvée inanimée. Elle gît à même le sol des toilettes, sa tenue de classe trempée, la langue pendante et les yeux révulsés. Ce sont ses camarades qui donnent l’alerte.

Le surveillant, d’abord hésitant à pénétrer dans les sanitaires des filles, est rassuré sur l’état de l’enfant. Il la porte jusqu’à l’infirmerie. Face à la gravité de la situation, elle est évacuée en urgence à l’hôpital Laquintinie. Malgré les efforts, le décès est constaté. Son père, déjà sur place, est rejoint par une cousine médecin. La douleur est indicible.

Le rebondissement : la thèse du viol

Mais l’affaire prend une tournure beaucoup plus sombre. Dans une vidéo diffusée mardi dernier, Henri Moukoko, le père de la victime, brise le silence. Il affirme que le médecin légiste, en présence des forces de l’ordre et du personnel infirmier, lui a révélé une information terrible : on aurait retrouvé du sperme dans le vagin de sa fille.

Cette déclaration, partagée massivement sur les réseaux sociaux, notamment par l’Abbé Etienne Bakaba, change radicalement la nature du dossier. Si ces faits sont avérés, il ne s’agit plus d’un simple malaise, mais d’une agression sexuelle suivie de mort.

Un point de presse avorté et une police omniprésente

Mercredi, l’atmosphère était électrique. Un message circule sur les réseaux sociaux annonçant un point de presse du père au Collège De La Salle. Sans informer la direction, l’homme y convie la presse. Par mesure de sécurité, les autorités déploient un important dispositif policier aux abords de l’établissement.

Sur place, une vingtaine de journalistes attendent. Face à eux, les forces de l’ordre filtrent les entrées. Aucune violence, mais une présence dissuasive. Le père ne viendra jamais. C’est finalement Nathanaël Ndjog, leader syndical des journalistes, qui se présente pour transmettre un message : devant la « forte militarisation » des lieux, la famille reporte l’adresse à une date ultérieure, au domicile familial.

Les questions qui dérangent

Pourquoi un tel report ? Si des preuves attestant le viol existent, pourquoi attendre pour les présenter ? Pour un enquêteur, cette prudence est suspecte. Elle contraste avec la gravité des accusations.

Pire, le travail de certains confrères pose question. Pourquoi n’avoir pas tenté de joindre le père après son départ ? Pourquoi ne pas avoir confronté ses déclarations au personnel médical de Laquintinie ? Le père attribue ses propos au médecin légiste, devant témoins. Une dizaine de personnes sont pourtant facilement interrogeables.

Les zones d’ombre de l’enquête

Si la thèse du viol est confirmée, plusieurs questions fondamentales se posent. Le « où » est crucial. Les toilettes, situées près de la cour, sont un lieu très fréquenté. Difficile d’imaginer un viol en ces lieux sans témoin. Mais d’autres endroits de l’école, comme les bureaux ou les ateliers, sont envisageables.

Le « quand » est tout aussi flou. L’expertise médicale devra déterminer la durée de vie du sperme pour établir une chronologie précise. L’emploi du temps de l’enfant, de la maison à l’école, doit être disséqué.

Enfin, le « par qui » reste le mystère le plus total. Le père affirme ne rien devoir à personne et n’avoir aucun conflit avec le Collège. La piste d’un règlement de compte semble écartée. La petite, orpheline de mère, était une enfant sans histoire.

La piste du malaise

À côté de la thèse criminelle, celle du malaise naturel reste ouverte. La fillette a des antécédents de santé. La semaine précédente, elle aurait été hospitalisée pour des vomissements. Était-elle allée aux toilettes pour se soulager d’un malaise soudain ? La langue pendante et les yeux révulsés sont des signes qui peuvent correspondre à une crise grave.

Aujourd’hui, le corps est scellé à la morgue de Laquintinie. Personne n’y a accès. La justice, l’archevêché et les autorités éducatives suivent l’affaire de près. Une autopsie devrait être ordonnée par le procureur. Ses résultats sont attendus avec impatience pour lever le voile sur cette tragédie.

En attendant, la prudence est de mise. Face à un tel drame, l’irresponsabilité des publications sur les réseaux sociaux, sans accès aux sources, n’aide en rien. Il est temps d’apprendre à s’auto-censurer et à respecter la douleur d’une famille brisée.

Nos condoléances les plus attristées au père d’Ozanne, à ses proches, ainsi qu’à toute la communauté du Collège De La Salle.

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