Le Port Autonome de Kribi et la Mission d’Études pour l’Aménagement de l’Océan ont scellé un partenariat stratégique ce lundi 13 juillet 2026. L’accord-cadre signé entre les deux entités vise à orchestrer la planification territoriale face à l’essor industriel annoncé, afin d’éviter un fossé entre les infrastructures et les besoins des communautés locales.
C’est une signature qui marque un tournant dans la gouvernance territoriale du département de l’Océan. Le Port Autonome de Kribi (PAK) et la Mission d’Études pour l’Aménagement de l’Océan (MEAO) ont officialisé leur coopération de longue date à travers un accord-cadre, ce lundi 13 juillet. L’objectif affiché : conjuguer leurs expertises pour accompagner la mutation économique que connaît la région, portée par l’expansion fulgurante du complexe portuaire et l’installation de nouvelles unités industrielles.
Une synergie devenue indispensable
Pour Patrice Melom, Directeur Général du PAK, cette alliance répond à une urgence. « Le port de Kribi confirme de jour en jour sa vocation de catalyseur économique dans cette région, tout le monde le voit. Et nous pensons que cette croissance doit être planifiée », a-t-il déclaré lors de la cérémonie. Les projections sont éloquentes : la zone industrielle en plein essor devrait générer, d’ici cinq ans, pas moins de trente mille emplois directs et un nombre équivalent d’emplois indirects. Une perspective qui, selon lui, entraînera mécaniquement une poussée démographique et une pression accrue sur les services sociaux essentiels.
« Il revient à l’État et notamment à des organismes comme la MEAO de planifier ce développement-là. Nous voulons donc nous mettre ensemble dans le cadre de cet accord pour non seulement le planifier mais le mettre également en exécution, pour les projets structurants qui visent à l’amélioration des conditions de vie des populations », a précisé le directeur général du PAK, soulignant la dimension sociale de cette coopération.
De la théorie à la pratique
La MEAO, institution en charge de l’élaboration et du suivi du Schéma Départemental d’Aménagement et de Développement Durable, voit dans cet accord l’occasion de passer à la vitesse supérieure. Son Directeur Général, Mbouh Nzibi Mathieu, a rappelé que les liens entre les deux structures ne datent pas d’hier. « Nous avons commencé à travailler depuis fort longtemps. C’était encore la commission générale du port de Kribi qui travaillait à la MEAO. Donc c’est une continuité. Ce n’est pas une nouveauté mais ça se matérialise avec le PAK dans les phases pratiques », a-t-il expliqué.
Le défi majeur identifié par la MEAO réside dans le décalage persistant entre l’avancée des grands chantiers d’infrastructures et l’amélioration concrète des conditions de vie des populations. « Nous avons des projets d’infrastructures qui se développent, qui avancent mais d’un côté il y a la population qui est en retard », a constaté Mbouh Nzibi Mathieu. « Donc en tant que mission d’aménagement avec la coopération du Directeur Général du Port Autonome de Kribi, nous allons faire des plans stratégiques pour pouvoir mener à bien le développement. »
Ce partenariat se concentrera sur plusieurs axes : le renforcement des outils de planification, les études techniques, et la mise en place de micro-projets d’accompagnement. L’ambition est clairement affichée : « éviter le développement à double vitesse » dans le département.
Deux institutions, une même ambition
Les deux responsables ont insisté sur la complémentarité de leurs structures. Le PAK, moteur économique et acteur engagé dans une politique de responsabilité sociétale, joue un rôle clé dans l’attractivité du territoire. La MEAO, quant à elle, constitue le chaînon technique entre les projets structurants et les collectivités territoriales.
« Je le dis avec conviction : aucune de nos deux structures ne peut, elle seule, relever les défis du développement territorial. La synergie entre le PAK et la MEAO s’impose donc aujourd’hui comme une nécessité », a martelé Patrice Melom, résumant l’esprit de cet accord-cadre.
Au-delà de l’institutionnalisation de leur collaboration, ce partenariat devrait permettre une meilleure anticipation des besoins en matière d’urbanisation, de logement, d’accès à l’eau, à l’énergie et aux services. Il vise également à renforcer l’implication des populations dans le processus de développement.
Pour Mbouh Nzibi Mathieu, cette signature n’est qu’une étape dans un processus continu. « Les missions ne sont jamais anciennes. Une mission est évolutive. Elle a commencé par l’implantation. Maintenant elle est dans l’opérationnalité que vous voyez. Donc elle va continuer dans le fonctionnement. C’est un processus interminable », a-t-il conclu.
À l’heure où la ville de Kribi et l’ensemble du département de l’Océan s’apprêtent à vivre une profonde mutation, cet accord se veut un outil de pilotage pour une transformation maîtrisée et équitable.