C’est un tournant pour la jeunesse camerounaise. Mardi 11 août 2026, l’Hôtel Mont Fébé de Yaoundé a vibré au rythme d’une ambition collective. Le gouvernement y a convié ses partenaires techniques et financiers pour une table ronde décisive. L’objectif ? Accélérer la mise en œuvre de la Politique Nationale de la Jeunesse (PNJ) 2025-2035.
Cette rencontre visait à fédérer les énergies autour d’un même impératif. Passer des discours aux actes concrets pour l’autonomisation des jeunes Camerounais. Car le constat est sans appel : avec plus de 60 % de la population âgée de moins de 25 ans, le Cameroun doit transformer ce potentiel démographique en véritable opportunité.
Un cadre pour fédérer les partenaires autour de la jeunesse
La cérémonie était coprésidée par deux figures majeures du gouvernement. Le Ministre de la Jeunesse et de l’Éducation Civique, Mounouna Foutsou, et le Ministre Délégué auprès du MINEPAT, Paul Tasong, ont conduit les débats. Leur présence conjointe a souligné la transversalité de cet enjeu national.
Pour Paul Tasong, la jeunesse est une priorité stratégique de la vision du Président Paul Biya. Il a rappelé l’importance de renforcer la cohérence de l’action publique en faveur de cette frange de la population.
« Approche Jeune » : le cœur de la nouvelle politique
Quelle est l’innovation majeure de cette PNJ 2025-2035 ? Le Ministre Mounouna Foutsou l’a présentée comme une « révolution paradigmatique ». Finie la logique d’assistanat. Place à une « Approche Jeune » qui fait des jeunes des co-créateurs du développement.
Cette approche repose sur quatre orientations fortes. D’abord, passer de la formation théorique à la production. Ensuite, intégrer les initiatives des jeunes dans les chaînes de valeur nationales. Puis, faire du civisme un levier d’employabilité. Enfin, bâtir un écosystème intégré fondé sur les données.
Un plan d’action ambitieux pour la décennie à venir
Le Plan Jeunesse 2025-2030 donne corps à cette vision. Son budget est colossal : 386,1 milliards de FCFA. Cette enveloppe est articulée autour de quatre piliers essentiels.
L’éducation et la formation constituent le pilier le plus important. Ce volet absorbe à lui seul 334 milliards de FCFA, soit 86,5 % du budget total. L’objectif est clair : améliorer l’adéquation entre les formations et les besoins réels du marché de l’emploi.
Le deuxième axe concerne l’emploi et l’insertion économique, avec 30,2 milliards de FCFA. Les autres priorités portent sur la participation citoyenne, la santé, le bien-être et la gouvernance institutionnelle.
Des défis persistants pour l’insertion des jeunes
Pourquoi un tel investissement ? Parce que les défis sont immenses. Près de 80 % des jeunes considèrent l’accès à l’emploi comme leur principale préoccupation. Le marché du travail reste largement dominé par le secteur informel, qui concentre 86,7 % des emplois.
Face à cette réalité, la nouvelle politique met un accent particulier sur le numérique, les STEM, l’agriculture et les métiers d’avenir. L’ambition est de préparer la jeunesse aux secteurs porteurs de demain.
Une large mobilisation des partenaires internationaux
La table ronde a réuni un large éventail d’acteurs. Le Système des Nations Unies, l’UNESCO, l’UNICEF, l’OMS, le PNUD, la GIZ et l’Union européenne ont pris part aux échanges.
Le représentant du SNU a salué l’adoption de cette politique. Il a appelé à une implication accrue de tous les acteurs pour investir dans l’éducation, la formation, l’emploi et la santé des jeunes.
De la parole aux actes : la prochaine étape
Le gouvernement ne compte pas s’arrêter à cette concertation. Un mécanisme de suivi formel va être déployé pour tracer les investissements et coordonner les actions des partenaires.
Le ministre Mounouna Foutsou a lancé un appel pressant. Il a invité les partenaires à transformer leur soutien verbal en engagements opérationnels immédiats. Sa philosophie guide l’action du MINJEC : « Rien n’est fait pour les jeunes sans les jeunes ».
La jeunesse camerounaise est désormais au cœur de l’action publique. Cette table ronde marque le début d’une nouvelle ère. Celle où les jeunes ne sont plus de simples bénéficiaires, mais des acteurs à part entière du développement national.





