Au 31 août 2019, la Cameroon Airlines Corporation (CAMAIR-CO) affichait un taux de régularité de 95%, et un résultat de ponctualité de 75%. Dixit, Louis Georges Njipenji Kouoto, directeur général de la compagnie aérienne camerounaise. C’était lors de la cérémonie de lancement du nouveau service courrier express CAMAIR-CO, le 17 septembre 2019 à Douala. De bonnes nouvelles pour cette entreprise publique. Qui cachent pourtant un profond malaise. Installé dans ses fonctions le 27 mai 2019, Louis Georges Njipenji Kouoto peine à dérouler la feuille de route d’urgence assignée par son conseil d’administration dirigé par le ministre des Transports, Jean-Ernest Masséna Ngalle Bibehe. Il avait par exemple été décidé de « la réduction des fréquences et des dessertes régionales, internationales et même nationales considérées comme non rentables et budgétivores ».
La feuille de route provisoire prévoyait également, à très court terme, « une stabilisation de la flotte, avec au moins 1 MA60, 1 Q400, le B737 de Karinou et un autre avion de location ». Par ailleurs, dans un climat déjà suffisamment austère, de nouvelles mesures d’austérité avaient été prescrites. Autre mesure, une « reconstitution » de la flotte de la compagnie à très moyen terme avec l’acquisition au moins de 2 Boeing 737 NG en échange.
Catastrophe
Les résultats de 6 mois de management de Louis Georges Njipenji Kouoto sont malheureusement catastrophiques. CAMAIR-CO agonise, malgré les injections financières de l’Etat du Cameroun conformément au plan de relance de Boeing Consulting approuvé en 2015. De l’avis des observateurs, le directeur général de CAMAIR-CO brille par sa fébrilité décisionnelle et son amateurisme technique. La feuille de route de crise affiche un décevant taux de réalisation de moins de 40%. Avec une flotte constituée d’un Boeing 737-500, un MA 60, et un Q400 opérationnels, la compagnie a procédé en octobre 2019, au redéploiement de son personnel en service à Lagos, Abidjan et Cotonou. Synonyme de fermeture des lignes en direction de ces trois pays d’Afrique de l’Ouest. Seules les destinations Bangui et Libreville apparaissent désormais dans son programme des vols nationaux et régionaux.
Griefs
L’entreprise accumule des annulations de vols pourtant contenus dans un pompeux programme pour le compte du quatrième trimestre 2019. L’ère Louis Georges Njipenji Kouoto se dégage par ailleurs par une aggravation de la dette fournisseur (TRADEX), technique (ASECNA) et institutionnelle (ADC, CAMTEL, ENEO, etc.) de la compagnie aérienne qui aurait déjà dépassée le cap de 35 milliards de FCFA.
Quid des arriérés de salaires du personnel ? Excepté le paiement de trois mois d’arriérés, le personnel de CAMAIR-CO revendique entre autres la réhabilitation de la flotte de la compagnie, l’aboutissement du Code de rémunération chiffré et négocié, le paiement de la médecine du travail, la prime d’assurance multirisque professionnelle des navigants, l’assurance maladie pour le personnel, la rationalisation des ressources humaines, l’exclusion d’un quelconque plan social, et la résolution de tout autre problème d’ordre social, technique, réglementaire et/ou administratif pouvant être évoqué pendant les négociations entre partenaires sociaux…