Budget 2027 : l’Etat verrouille les ressources des communes.

ENQUÊTE. Yaoundé resserre les boulons. Le budget 2027 des communes et des régions se prépare sous haute surveillance. La circulaire N°001 du 12 décembre 2026, signée par Paul Biya, affiche un objectif. L’autonomie financière des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) demeure une priorité. Mais elle s’exécute dans un cadre strict.

Une autonomie sous haute surveillance

Le point 4 donne le ton. Le budget 2027 doit consolider la cohésion sociale. Il doit aussi faire avancer la décentralisation. Le levier : l’autonomisation financière des CTD. Pourtant, le texte ne lâche pas la bride. Yaoundé conserve la programmation. Et Yaoundé garde le suivi. Yaoundé arbitre en dernier ressort.

Les recettes fiscales au cœur du dispositif

Au point 20, le chef de l’État durcit le message. Il réclame plus de prévisibilité. Il exige la garantie de l’autonomie financière. La base juridique : la loi n°2024/020 du 23 décembre 2024 sur la fiscalité locale. Le but est simple. Mettre réellement à disposition les recettes fiscales collectées pour les CTD. Autre consigne : transférer les moyens nécessaires à la gestion et à l’entretien des formations sanitaires régionales et communales. La carte sanitaire sert de référence.

La rigueur budgétaire s’impose

Les points 41, 42 et 78 fixent les nouvelles règles. Première règle : assainir. Les CTD doivent budgétiser et apurer leurs restes à payer. Elles utiliseront leurs ressources propres et les dotations affectées. Les dettes qui traînent n’ont plus droit de cité. Deuxième règle : changer la méthode d’allocation. Le forfait disparaît. Le texte impose une logique de besoins priorisés par les CTD elles-mêmes. Le ministère en charge des investissements publics, le MINEPAT, fournit la base de calcul.

Sept leviers pour verrouiller la dépense

Le point 78 détaille un mécanisme en sept étapes. D’abord, réduire les disparités devient un impératif. Ensuite, les administrations centrales programment les ressources dans leurs CDMT. Elles distinguent investissement et fonctionnement. Elles associent les CTD à l’exercice. Puis, la traçabilité devient totale. Les ressources transférées figurent dans le CBMT, par type de dépense. Ensuite, le contrôle se déplace sur le terrain. Les ministères sectoriels, avec le MINEPAT, le MINFI et le MINDDEVEL, suivent et évaluent les compétences transférées. Ils organisent une remontée efficace des informations. Enfin, des conférences d’arbitrage réunissent les élus. Avant l’arbitrage budgétaire, les trois ministères pilotent des rencontres sur la décentralisation. Objectif : examiner l’équité et la pertinence de la répartition. Les élus locaux participent. Un guide unique encadre ces actions. Il est élaboré avec les trois ministères.

L’après-élections déjà préparé

Le calendrier politique accélère. Les conseils municipaux seront renouvelés. Dans cette perspective, les ministères des Finances et de la Décentralisation accompagnent les nouveaux exécutifs. Formation et appui-conseil sont annoncés. Le signal est clair. L’État ne se contente plus de transférer des fonds. Il les transfère avec des conditions, un contrôle et une évaluation.

Qui pilotera réellement les communes en 2027 ?

La question reste entière. La circulaire promet plus d’équité. Elle promet aussi plus de visibilité. Mais elle concentre les décisions. Yaoundé programme. Et Yaoundé suit. Yaoundé arbitre. Les élus locaux sont consultés. Ils ne fixent pas encore le cap. Pour l’instant, c’est Yaoundé qui tient la barre.

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