Trois mois après le lancement des travaux de reconstruction, la situation sur la route Mora-Dabanga-Kousseri évolue favorablement. Sur plusieurs sections, les usagers circulent désormais à 80 km/h. Un bond significatif pour cet axe stratégique de la Nationale N°1.
Le 28 mai 2026, le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, donnait le coup d’envoi des travaux de reconstruction de la route Mora-Dabanga-Kousseri. Objectif affiché : permettre aux usagers de circuler à une vitesse moyenne d’au moins 60 km/h dans un délai de 90 jours. Aujourd’hui, le pari est en bonne voie d’être tenu.
Un chantier qui prend forme sur 205 kilomètres
Le projet concerne la reconstruction de près de 205 kilomètres sur la Nationale N°1. Il relie le Cameroun au Tchad via le corridor Douala-Ndjamena. Les travaux sont répartis en cinq lots, confiés à plusieurs entreprises.
Deux tableaux se dessinent sur l’état actuel de la section Mora-Dabanga-Kousseri. D’un côté, la section Mora-Tchakamari, longue de 22 km. De l’autre, la section Tchakamari-Dabanga-Kousseri, où les travaux s’exécutent sur quatre tronçons.
Mora-Tchakamari : la phase finale approche
Entre Mora et Tchakamari, les travaux de reconstruction touchent à leur fin. Au 28 août 2026, le taux d’exécution atteint 91,43 %. L’entreprise Sotcocog, en charge du chantier, n’attend que sa dernière livraison de bitume. Objectif : achever le revêtement en béton bitumineux sur les derniers kilomètres et poser le bicouche sur les accotements.
Déjà le 8 août 2026, l’avancement était de 88,85 %. Les terrassements étaient achevés, les couches de fondation et la couche de base en grave-bitume entièrement réalisées. La couche de roulement en béton bitumineux s’étendait sur 19,35 km. Les équipes sont pleinement mobilisées pour finaliser ce chantier.
Tchakamari-Dabanga-Kousseri : 80 km/h déjà accessibles
Sur la section Tchakamari-Dabanga-Kousseri, la situation est également encourageante. À l’exception du tronçon Dabanga-Tilde, long de 24 km, la vitesse de circulation atteint 80 km/h sur l’ensemble de l’itinéraire.
Les usagers, notamment les camionneurs, circulent désormais plus aisément. Le temps de parcours a considérablement diminué. Des travaux de maintien de la circulation ont été effectués. L’emprise de la route est désormais visible et circulable.
Dabanga-Tilde : le traitement des points critiques se poursuit
Entre Dabanga et Tilde, l’itinéraire autrefois le plus dégradé fait l’objet d’une attention particulière. L’entreprise en charge réalise actuellement des travaux de priorité. Le traitement des points critiques est en cours. Plusieurs zones ont déjà été traitées, éloignant les risques de rupture.
Un dispositif d’assistance a été mis sur pied. Il aide les usagers en difficulté et réduit, voire élimine, le nombre de gros porteurs bloqués sur la route.
Un corridor stratégique enfin réhabilité
La route Mora-Dabanga-Kousseri joue un rôle capital dans le ravitaillement des pays voisins, le Nigeria et le Tchad. Son mauvais état a longtemps affecté les populations riveraines et les usagers. Les travaux, menés dans le cadre du Projet d’amélioration de la connectivité, de la résilience et de l’inclusion (PACRI), bénéficient du cofinancement de l’État du Cameroun et de la Banque mondiale.
Malgré le contexte sécuritaire particulier dans l’Extrême-Nord, toutes les dispositions ont été prises pour garantir la sécurité des entreprises et des équipements. Un dispositif d’appui sécuritaire encadre les travaux. Près de 500 hommes, formés et outillés, sont mobilisés pour assurer la couverture sécuritaire des chantiers.
Une dynamique positive à confirmer
Trois mois après le lancement officiel, la route Mora-Dabanga-Kousseri affiche des progrès concrets. Les usagers circulent déjà à 80 km/h sur une grande partie du tracé. La fin des travaux sur la section Mora-Tchakamari est imminente. Les traitements des points critiques se poursuivent sur les tronçons les plus difficiles.
Le gouvernement et ses partenaires tiennent leurs engagements. La reconstruction de cet axe stratégique, longtemps abandonné, redonne espoir aux populations de l’Extrême-Nord et aux transporteurs qui empruntent chaque jour ce corridor vital pour l’économie sous-régionale.






