Yaoundé, Cameroun – Georges Gilbert Baongla, président du Parti républicain et figure controversée qui se présente depuis des années comme le fils aîné du président Paul Biya, a été interpellé ce lundi soir,20 juillet 2026 à Édéa par des éléments de la gendarmerie, alors qu’il se rendait à Douala, selon des informations communiquées par ses services.
D’après l’une de ses pages de communication, des gendarmes circulant dans un véhicule banalisé l’auraient suivi avant de procéder à son arrestation. Ses soutiens dénoncent un « enlèvement » et des « violences » lors de son interpellation, avant son transfert vers Yaoundé.
Cette interpellation fait suite à une convocation officielle émise le 23 avril 2026 par le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du Service central des recherches judiciaires (SCRJ) de la gendarmerie nationale. L’intéressé était alors sommé de se présenter le 28 avril au Secrétariat d’État à la Défense (SED) à Yaoundé pour répondre de faits présumés de cybercriminalité, de diffamation et d’autres infractions.
Deux plaintes de la gendarmerie
À Yaoundé, deux plaintes déposées par la légion de gendarmerie du Centre l’attendent, pour harcèlement et cybercriminalité. L’enquête, ouverte dans le cadre d’une procédure de flagrance, vise des publications en ligne et des déclarations publiques de Baongla.
Un refus de convocation et une exigence de test ADN
En avril dernier, Baongla avait déjà été convoqué par le colonel Dieudonné Bialo. Il avait alors refusé de déférer à cette convocation, arguant d’un « déplacement professionnel ». Ses avocats avaient dans la foulée exigé, comme condition préalable à toute procédure, la réalisation de tests ADN impliquant Paul Biya, Franck Emmanuel Biya et Georges Gilbert Baongla.
L’homme de 62 ans, ancien patron de presse, conteste depuis plus de vingt ans la filiation officielle de Franck Emmanuel Biya, qu’il qualifie de « fils adoptif », tout en revendiquant être l’un des trois enfants légitimes du président camerounais. Il a récemment réitéré ses accusations sur les plateaux télévisés, affirmant notamment être en droit de prétendre au poste de vice-président de la République, une fonction récemment instituée au Cameroun.
La présidence camerounaise n’a pas officiellement commenté l’interpellation, des sources proches de la famille présidentielle ayant qualifié Baongla de « comique » et affirmé que son cas était traité avec distance. Une interdiction de sortie du territoire avait déjà été prise à son encontre.