Affaire Patrick Mengue : la défense écarte toute allusion au chef de l’État dans la publication litigieuse

L’ingénieur poursuivi pour outrage au Président de la République conteste fermement les faits. Son avocat, Me Batam Nkolong, affirme que le message incriminé ne vise aucune autorité et que la procédure, marquée par de multiples reports, doit aboutir à une décision purement juridique.

Devant le Tribunal de première instance de Yaoundé, la défense de Patrick Mengue plaide l’absence totale de lien entre la publication de son client et la personne du chef de l’État. Poursuivi pour avoir écrit sur Facebook : « Seigneur, encore un effort, tu te rapproches de la cible », l’ingénieur voit son sort renvoyé au 27 juillet 2026, date à laquelle le tribunal rendra son délibéré.

Dans un entretien accordé à nos confrères, Me Batam Nkolong revient sur les contours d’une procédure jalonnée de rebondissements. Après l’incarcération de son client, l’affaire a connu plusieurs renvois – absences d’extraction du prévenu, demande d’expertise numérique auprès de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC), puis indisponibilité de la présidente du tribunal. Une demande de mise en liberté provisoire, fondée sur l’article 301 du Code de procédure pénale, avait été envisagée avant d’être abandonnée, le dossier étant alors prêt pour un examen au fond.

Lors des débats, le parquet a requis une déclaration de culpabilité. En réplique, la défense a objecté que les éléments constitutifs du délit d’outrage n’étaient pas réunis. « À aucun moment, il ne mentionne le Président de la République », insiste Me Batam Nkolong, relevant l’absence de nom, de titre ou de toute référence directe au chef de l’État dans la phrase incriminée. L’avocat conteste également le caractère outrageant ou diffamatoire du propos, estimant que rien ne permet d’établir que la cible visée serait une personnalité publique.

Interrogé sur le fond, Patrick Mengue assume pleinement sa publication. Selon son conseil, il s’agirait d’une prière adressée à Dieu, issue d’une neuvaine entreprise en début d’année après une révélation spirituelle personnelle. Quant à l’expression « la cible », elle renverrait, d’après la défense, aux objectifs professionnels de l’ingénieur – notamment l’obtention de marchés pour améliorer ses conditions de vie et concrétiser ses projets – et non à une personne physique.

Malgré la prorogation du délibéré, Me Batam Nkolong se dit confiant. Il interprète ce report comme une marque de sérénité du tribunal, qui prendrait le temps d’examiner le dossier avec rigueur pour rendre une décision en stricte conformité avec le droit et les éléments débattus à l’audience.

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