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	<title>UPC Archives - Primeur Hebdo</title>
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	<description>Quotidien Panafricain d&#039;Investigations, d&#039;Enquêtes, d&#039;Analyses et d&#039;Informations Générales</description>
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		<title>Trois Marthe, un même combat : l’histoire oubliée des veuves de l’UPC</title>
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		<dc:creator><![CDATA[ZAKOUDA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2026 12:17:41 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>𝐋𝐞 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐌𝐚𝐫𝐭𝐡𝐞</p>
<p>Lolodorf, 30 janvier 2009. Une scène insolite attire l’attention. Une voiture banalisée transporte un cercueil. Cinq occupants font une halte. Ils veulent vérifier l’état de la route vers Ebolowa, à 25 kilomètres. Mais le cercueil intrigue les curieux. Ceux-ci veulent savoir qui repose à l’intérieur.</p>
<p>Avec gêne, les passagers révèlent l’identité de la défunte : Mme Ekemeyong. Son nom bulu signifie « <em>celle qui quittera son territoire pour vivre chez les autres</em> ». Derrière ce nom se cache la veuve de Félix-Roland Moumié, l’un des principaux dirigeants de l’UPC. Dans le mouvement nationaliste, on la connaît comme la seconde Marthe. Trois femmes portent ce prénom et partagent un même combat.</p>
<p>Pour comprendre ce que ce cortège raconte, il faut revenir sur trois trajectoires.</p>
<h2>𝐌𝐚𝐫𝐭𝐡𝐞 𝐔𝐦 𝐍𝐲𝐨𝐛è : 𝐥𝐚 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐦é𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞</h2>
<p>Marthe Ngo Mayack naît en 1925 dans le pays bassa. En 1943, elle rencontre Ruben Um Nyobè. Un an plus tard, elle devient son épouse. Très vite, elle découvre un engagement qui dépasse la vie familiale. Militante de l’UPC, elle anime des comités villageois. Elle accompagne aussi son mari dans la clandestinité. Pendant des années, elle vit le maquis, la peur et les privations.</p>
<p>Puis vient le 13 septembre 1958. Um Nyobè est assassiné à Libelingoï. Elle devient veuve. Son combat change alors de forme. Elle devient l’une des gardiennes de la mémoire de Mpodol. À Boumnyébel, elle accueille les jeunes venus se recueillir sur sa tombe. Elle leur parle de liberté, d’indépendance et de responsabilité. Elle meurt à Yaoundé le 27 novembre 2023, à 98 ans. Elle était la dernière des trois Marthe.</p>
<p>Après elle, une autre femme porte la voix du nationalisme au-delà des frontières.</p>
<h2>𝐌𝐚𝐫𝐭𝐡𝐞 𝐎𝐮𝐚𝐧𝐝𝐢é : 𝐥𝐚 𝐯𝐨𝐢𝐱 𝐝𝐞 𝐥’𝐔𝐏𝐂 à 𝐥’𝐎𝐍𝐔</h2>
<p>Marthe Eding naît en 1921 à Edéa, dans une famille Bakoko. Elle épouse Ernest Ouandié. Militante de l’UPC, elle devient vice-présidente de l’Union des femmes démocratiques du Cameroun (UDEFEC). Son engagement ne se limite pas au soutien de son mari. En 1959, la question de l’indépendance du Cameroun arrive aux Nations unies. Elle prend la parole devant l’Assemblée générale spéciale consacrée au Cameroun. Elle porte alors la voix des nationalistes camerounais sur la scène internationale.</p>
<p>Après l’exécution d’Ouandié, le 15 janvier 1971, elle connaît l’éloignement et la clandestinité. Les arrestations et les séparations familiales marquent son parcours. Elle consacre ensuite une grande partie de sa vie à préserver la mémoire de cette lutte. Elle meurt à Bonabéri le 15 avril 2016, à 95 ans. Ses obsèques se tiennent à Bafoussam dans une relative indifférence officielle. Un contraste saisissant avec le rôle qu’elle a joué.</p>
<p>Mais aucune des trois n’a connu un destin aussi mouvementé que celle dont le cercueil traversait Lolodorf.</p>
<h2>𝐌𝐚𝐫𝐭𝐡𝐞 𝐌𝐨𝐮𝐦𝐢é : 𝐥’𝐞𝐱𝐢𝐥, 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐬𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐛𝐚𝐭 𝐣𝐮𝐬𝐪𝐮’𝐚𝐮 𝐛𝐨𝐮𝐭</h2>
<p>Marthe Ekemeyong naît le 4 septembre 1931 à Ebolowa. Elle adhère à l’UPC. Le 22 juillet 1950, elle épouse Félix-Roland Moumié. Elle s’engage rapidement dans l’UDEFEC et en devient une figure dirigeante. Quand son mari part en exil, elle le suit à Conakry en 1955. Commence alors une longue errance politique. Guinée, Ghana, Égypte, Chine : elle multiplie les capitales pour mobiliser des soutiens à la cause camerounaise.</p>
<p>Après l’assassinat de Moumié à Genève, le 3 novembre 1960, elle rapatrie sa dépouille et organise ses obsèques en Guinée. En 1965, elle épouse le nationaliste équato-guinéen Atanasio Ndong Miyone. Il est assassiné en 1969 après une tentative de coup d’État. Renvoyée au Cameroun, elle est torturée et emprisonnée à la Brigade mixte mobile pendant plusieurs années. Dès sa sortie, elle reprend le combat. Elle veut faire reconnaître les circonstances de la mort de son premier mari. Elle publie un témoignage sur son parcours. Le 9 janvier 2009, elle est retrouvée morte, assassinée à son domicile au Cameroun.</p>
<p>Ainsi s’achève le destin de la seconde Marthe, celle dont le cercueil a intrigué Lolodorf.</p>
<h2>𝐓𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬, 𝐮𝐧𝐞 𝐦ê𝐦𝐞 𝐦é𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞</h2>
<p>Épouses, militantes et gardiennes de mémoire, Marthe Um Nyobè, Marthe Ouandié et Marthe Moumié ont partagé la clandestinité, la violence et le deuil. Elles ont vécu aux côtés des grandes figures de l’UPC. Leur parcours rappelle une réalité souvent oubliée. L’indépendance du Cameroun s’est aussi construite grâce à ces femmes. Dans l’ombre, elles ont maintenu vivant le combat nationaliste. Aujourd’hui, leur mémoire éclaire encore l’histoire du Cameroun.</p>
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