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	<title>Eko Eko Archives - Primeur Hebdo</title>
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	<description>Quotidien Panafricain d&#039;Investigations, d&#039;Enquêtes, d&#039;Analyses et d&#039;Informations Générales</description>
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	<title>Eko Eko Archives - Primeur Hebdo</title>
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		<title>Au Cameroun, comment la guerre des clans autour de Paul Biya a fracturé les services de renseignements.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[ZAKOUDA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2026 01:06:56 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Yaoundé, le 15 septembre 2026. Le temple du secret est devenu une place publique. Au Cameroun, l’appareil de renseignement n’est plus ce bunker impénétrable qui faisait la force du régime. Il est aujourd’hui le théâtre d’une guerre de tranchées. Première victime de cette fracture : la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE). Naguère redoutée, cette institution n’est plus que l’ombre d’elle-même.</p>
<h2>L’ère des fuites et du marché noir</h2>
<p>Tout a basculé un soir de novembre 2021. Une conversation secrète fuite sur les réseaux sociaux. Elle implique le colonel Émile Joël Bamkoui, alors patron de la Sécurité militaire (Semil). Face à lui, un lanceur d’alerte donne des conseils et met en garde contre un certain Hervé Parfait Mbapou. La prophétie se réalise. Mbapou est arrêté pour avoir utilisé des agents des renseignements à des fins d’escroquerie. L’affaire éclabousse jusqu’au vice-amiral Joseph Fouda, conseiller de Paul Biya.</p>
<p>Dès lors, le voile se lève. Les services secrets camerounais sont gangrenés par les luttes d’influence. L’information est devenue une arme de guerre. Et dans ce sérail, les secrets s’achètent et se vendent.</p>
<h2>Un vrai business de l’information à Yaoundé</h2>
<p>La précarité pousse les agents à trahir. Photographies de procès-verbaux, notes confidentielles, relevés téléphoniques : tout se monnaye. Un marché clandestin prospère, alimenté par des journalistes, des hommes d’affaires et des politiques.</p>
<p>Certains publient les documents bruts. D’autres les vendent pour faire pression. « <em>Les détenteurs de secrets disposés à monnayer leur savoir ne manquent pas</em> », confie une source au palais d’Etoudi. Hervé Parfait Mbapou était l’un de ces acteurs. Justin Danwe en est un autre. Alors qu’il était Directeur des opérations (DO) de la DGRE, il aurait fait fuiter des informations sensibles.</p>
<h2>Quand le renseignement devient une arme de clan</h2>
<p>Selon son dossier au Tribunal militaire, Danwe transmettait des éléments à Modeste Mopa Fatoing, l’ancien directeur des impôts. Il entretenait aussi des liens avec l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. Ces réseaux auraient permis de surveiller des ministres et des responsables de l’État.</p>
<p>Le constat est sans appel. « <em>Il n’existe plus de rapports de renseignements neutres : tous sont manipulés et trafiqués</em> », affirme une source à Etoudi. La guerre fait rage jusqu’au sommet de l’État.</p>
<h2>Ferdinand Ngoh Ngoh et la guerre des rapports</h2>
<p>Au cœur du réacteur, le secrétaire général Ferdinand Ngoh Ngoh. Il est accusé de filtrer les informations parvenant à Paul Biya. Franck Biya, le fils aîné du président, a tenté en vain d’écarter Jean-Pierre Robins Ghoumo, le protégé de Ngoh Ngoh placé à la tête de la DGRE.</p>
<p>Les soutiens de Ngoh Ngoh et d’Oswald Baboke s’affrontent. Chaque camp envoie sa version des faits au chef de l’État. « <em>Un rapport adressé à Paul Biya par Baboke a fini sur le bureau de Ngoh Ngoh</em> », confie un interlocuteur. Le secrétaire général disposerait d’une structure parallèle pour contrôler l’information.</p>
<h2>La DGRE asphyxiée</h2>
<p>L’ancien directeur de la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko, en paie le prix. En 2020, il refuse le poste d’ambassadeur au Brésil. Il y voit une manœuvre pour l’écarter. Selon lui, Ferdinand Ngoh Ngoh a ensuite organisé l’asphyxie financière de son service. « <em>Même pour acheter une rame de papier, la DGRE n’avait plus de moyens</em> », résume un proche du dossier.</p>
<p>Des circuits parallèles se développent. Au Secrétariat d’État à la Défense ou à la Sécurité militaire, les hommes de confiance du secrétaire général prennent le pouvoir. La DGRE perd son rôle central. Pire, une tentative de dialogue avec les séparatistes anglophones est entravée. Eko Eko devait s’y rendre. Il en sera empêché.</p>
<h2>Le rapport de trop</h2>
<p>L’affrontement atteint son paroxysme en 2020. Eko Eko transmet à Paul Biya un rapport explosif. Il évoque l’implication présumée de Ngoh Ngoh dans des détournements de fonds Covid-19. Le ministre de la Justice, Laurent Esso, saisit l’opportunité. Il convoque le secrétaire général devant le Tribunal criminel spécial. Ce dernier refuse de s’y présenter. Une unité lourdement armée est déployée pour le protéger.</p>
<p>Paul Biya charge alors Eko Eko d’enquêter sur son secrétaire général. Le 26 janvier 2023, le patron de la DGRE expose ses conclusions. Quatre jours plus tard, son rapport décrit Ngoh Ngoh comme impliqué dans un projet de coup d’État. Le 31 janvier, c’est Eko Eko qui est arrêté. Il est incarcéré dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. Il n’a jamais recouvré la liberté.</p>
<h2>L’échec de la « cellule Alpha »</h2>
<p>Paul Biya a tenté de reprendre le contrôle. En 2015, il crée la « <em>cellule Alpha</em> ». Cette structure devait vérifier les renseignements. Composée d’officiers recrutés par Jean-Marie Aleokol, elle opérait hors des circuits officiels. Mais Aleokol décède en juin 2024. La cellule tombe en déshérence.</p>
<p>Aujourd’hui, le vide est comblé par des conseillers américains. Ils fournissent leurs propres analyses à Paul Biya. Une manière de limiter l’influence des réseaux israéliens, jugés trop proches de Ferdinand Ngoh Ngoh. La guerre du renseignement continue. Elle laisse le pays dans une dangereuse confusion.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>#Cameroun #PaulBiya #Renseignement #DGRE #Enquête #Afrique</strong></p>
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