Deuxième place forte de la zone CIMA juste derrière la Côte d’Ivoire, le Cameroun accélère la modernisation de son écosystème financier. Le 11 décembre 2026, Douala accueille la toute première édition des Awards de l’assurance. Porté par l’Association des anciens étudiants de l’Institut international des assurances (AEIIA), cet événement dépasse le simple cadre protocolaire. Il s’affirme comme un véritable outil de veille stratégique pour évaluer la gouvernance d’un secteur en pleine transformation.
Un paradoxe économique persistant
Pourtant, les chiffres révèlent une réalité contrastée propre aux économies émergentes. Le chiffre d’affaires atteint un niveau record de 296,88 milliards de FCFA de primes en 2025, soit une hausse de 3,23 %. Néanmoins, cette embellie financière masque des fragilités structurelles profondes qui pèsent sur l’ensemble de la profession.
De surcroît, le taux de pénétration stagne sous la barre critique des 1 %. En outre, les arriérés de primes s’élevaient à 31,8 milliards de FCFA en 2024. Face à ces dysfonctionnements, cette cérémonie inédite réunit banques, opérateurs télécoms, insurtechs et régulateurs pour rebattre les cartes de la confiance.
Une sélection rigoureuse et transparente
Par conséquent, l’attribution des trophées obéit à des critères stricts loin des compromis de façade. Un jury collégial, regroupant l’ASAC, des experts universitaires et une grande institution financière africaine, examine chaque dossier avec minutie. Au total, six distinctions majeures reflètent les ambitions de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA) et de la FANAF.
D’une part, trois prix ouverts ciblent la dynamique globale du marché. Le prix de l’Innovation et de l’inclusion assurantielle valorise les outils numériques qui protègent les populations vulnérables. Ensuite, le trophée de la Qualité des services cible directement la rapidité du règlement des sinistres. Enfin, le prix de la Contribution au développement du marché salue l’impact macroéconomique des entreprises líderes.
D’autre part, l’AEIIA décerne trois prix exclusifs à ses alumni pour honorer le leadership, la transmission des compétences et l’éthique professionnelle. Financée à hauteur de 25 millions de FCFA par les acteurs locaux, cette initiative ambitionne de redéfinir le rapport au risque au Cameroun.
Vers un assainissement durable du secteur
En définitive, comme le souligne Eudoxie Douya, présidente de l’ASAC, cette plateforme d’échanges interprofessionnels insuffle une dynamique indispensable. Elle sert de tremplin pour structurer les réformes de demain. Dès lors, l’industrie locale détient toutes les clés pour libérer son immense potentiel économique et redorer son image auprès des assurés.