C’est une rupture consommée. Par une lettre ouverte adressée à la direction du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN), l’Honorable Nourane Moluh Hassana épouse Fotsing annonce sa démission avec effet immédiat. L’élue de la circonscription de Wouri-Est tourne définitivement la page après près d’une décennie de militantisme.
Cette décision ne relève pas de l’impulsivité. Elle marque l’aboutissement d’une longue réflexion. L’élue évoque une érosion progressive de la confiance. En outre, elle pointe du doigt des divergences idéologiques devenues irréconciliables au sein de la formation politique.
Les raisons d’une rupture politique
Dans son courrier, la députée revient sur les moments difficiles. Elle rappelle avoir soutenu le parti et son président dans les tempêtes. Toutefois, un événement a précipité la crise. L’élue cite l’invitation de la Première dame et les attaques subséquentes dont elle a fait l’objet. Elle dénonce une contradiction flagrante.
En effet, elle souligne que le président du parti lui-même s’est rendu à plusieurs reprises auprès du Chef de l’État. Pour elle, ce qui est légitime pour l’un ne saurait devenir une faute politique pour l’autre. Par conséquent, elle déplore avoir été jetée en pâture à la vindicte populaire pour avoir simplement respecté les institutions.
Divergences idéologiques et exclusion
Au-delà des blessures personnelles, le divorce est politique. Nourane Moluh Hassana dénonce une dérive identitaire. Elle refuse une conception de la politique basée sur l’exclusion ou la stigmatisation des concitoyens selon leurs origines.
« Nous sommes tous chez nous », martèle-t-elle. De Douala à Maroua, de Bamenda à Bertoua, elle réaffirme son attachement à l’unité nationale. Elle refuse catégoriquement que l’appartenance communautaire devienne un critère de légitimité politique. Pour elle, aucun Camerounais ne devrait justifier son droit de vivre ou d’entreprendre dans une région de son propre pays.
Le choix du Pacte Social pour la Gouvernance (PSG)
L’éloquence ne suffit plus. C’est le message qu’elle adresse à sa hiérarchie. Elle reconnaît les qualités oratoires de ses désormais ex-dirigeants. Cependant, elle estime que le Cameroun a besoin d’actions concrètes et de résultats mesurables. C’est précisément cette conviction qui motive son nouveau choix.
Par conséquent, elle annonce rejoindre le Pacte Social pour la Gouvernance (PSG) dès ce jour. Elle justifie cette transition par une volonté d’impact concret au service des Camerounais. Un changement de cap radical pour celle qui fut une figure de proue du PCRN.
Un avertissement ferme pour l’avenir
La députée ne compte plus se taire. Elle anticipe déjà les critiques et les calomnies. Toutefois, elle pose une limite claire. Désormais, elle se réserve le droit de répondre à toute attaque portant atteinte à son honneur et à sa dignité.
« À quel moment la politique est-elle devenue un ring ? », s’interroge-t-elle. Elle quitte le parti sans haine, mais avec fermeté. Elle remercie les militants et responsables avec qui elle a partagé des combats. Toutefois, les chemins se séparent. L’Honorable Nourane Moluh Hassana entend incarner une nouvelle ère politique, loin des replis identitaires et des querelles partisanes.

