Diamond Capital Convention 2026 : le MINFI appelle à renforcer la mobilisation des capitaux au service de l’économie réelle.

Douala. La première édition de la Diamond Capital Convention a ouvert ses portes le 23 septembre 2026 au Best Western Plus Soaho. Pendant trois jours, les principaux acteurs de l’écosystème financier de la CEMAC ont confronté leurs analyses sur un paradoxe tenace : les capitaux abondent dans la sous-région, mais les entreprises peinent toujours à les mobiliser.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du Premier ministre, le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a posé un diagnostic sans détour. « Il est urgent d’approfondir notre marché financier sous-régional pour en faire un véritable moteur de transformation structurelle de nos économies », a-t-il déclaré devant un parterre d’investisseurs, de banquiers et de chefs d’entreprise.

Un marché financier encore sous-exploité

Le constat s’impose avec acuité. Le marché financier de la CEMAC ne représente encore qu’environ 2 % du PIB régional. Pourtant, les ressources existent. Les encours obligataires dépassent 1 400 milliards de FCFA et la capitalisation globale franchit la barre des 1 700 milliards. L’épargne disponible, logée dans les caisses de prévoyance sociale, les compagnies d’assurance et les dépôts bancaires, demeure considérable.

En revanche, cette manne financière ne irrigue pas suffisamment l’économie productive. Les besoins de financement des infrastructures, de l’industrialisation, de la transition énergétique et de l’économie numérique restent immenses. Le financement bancaire, bien qu’indispensable, ne peut à lui seul couvrir l’ensemble de ces exigences.

La confiance, clé de voûte du dispositif

Pour Jacqueline Adiaba-Nkembe, présidente de la Cosumaf, la priorité consiste à bâtir une « infrastructure de confiance » entre investisseurs et entreprises. Elle plaide pour une information financière fiable, des règles claires, une gouvernance solide et une protection effective des investisseurs. La simplification de la documentation des émissions et l’éducation financière des populations figurent parmi les chantiers annoncés.

De son côté, Ingrid Obouh Fegue, directrice générale d’Almasi Capital & Advisory et initiatrice de la convention, insiste sur la nécessité de démocratiser l’accès au marché. « La finance doit servir l’économie réelle. Les entreprises doivent pouvoir utiliser le marché non seulement pour des transactions majeures, mais aussi pour financer leurs investissements, soutenir leur expansion et préparer leur transmission », a-t-elle affirmé.

Des avancées tangibles, un potentiel immense

Les chiffres témoignent d’une dynamique naissante. L’introduction en bourse de BGFI Holding Corporation, en mai 2026, a propulsé la capitalisation boursière de la Bvmac de 479 milliards à 1 658 milliards de FCFA. Selon les estimations de la bourse, la contribution du marché financier au financement des économies de la CEMAC dépasserait désormais 5 % du PIB régional, contre 2,4 % auparavant.

Par ailleurs, le Cameroun a levé 750 millions de dollars sur le marché financier international en janvier 2026. Le président Paul Biya a par ailleurs autorisé le ministre des Finances à mobiliser jusqu’à 1 650 milliards de FCFA d’emprunts sur les marchés intérieur et extérieur au cours de l’exercice 2026.

Une convention pour connecter capitaux et projets

Organisée par Almasi Capital & Advisory, la Diamond Capital Convention se veut un trait d’union entre les détenteurs de capitaux et les porteurs de projets. « L’objectif est de favoriser une meilleure circulation des capitaux entre investisseurs, entreprises et projets structurants », résume la directrice générale de l’événement.

Les organisateurs entendent pérenniser ce rendez-vous annuel. La deuxième édition est déjà annoncée pour 2027, avec l’ambition d’élargir la participation aux six États membres de la CEMAC et d’attirer davantage d’investisseurs institutionnels internationaux. Le pari est audacieux. Mais au regard de l’urgence exprimée par les autorités, il devient une nécessité économique.

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