L’enquête faite dans quelques formations sanitaires révèle des failles incroyables.
Une équipe composée de nos confrères a entreprit de faire le tour de quelques formations sanitaires pour jauger le dispositif mise en place pour endiguer la maladie.
Bien que la volonté gouvernementale pour contenir la maladie soit perceptible, le dispositif en place présente des carences qui donnent froid au dos.
Tenez par exemple, A l’hôpital centrale de Yaoundé où nous sommes rendus, nous avons constaté que le centre d’isolement à sa tête un médecin généraliste, les spécialistes ayant été mise à l’écart. Pour quelles raisons ? Les spécialistes rencontrés à l’Hôpital, eux-mêmes n’en savent. Certains ont simplement exprimés leurs courroux contre ceux en charge des décisions au ministère de la Santé. Sous anonymat, certains évoquent la corruption. Un spécialiste nous a confié ceci :
« Mme la journaliste pensez-vous que ce soit normal qu’on nomme une généraliste à la tête d’une telle structure ! Vous comprenez pourquoi il n’y a que les généralistes là-bas pour s’occuper des malades, elle ne peut pas commander les spécialistes, le nœud du problème vient de là et ceux qui l’ont nommé là-bas par copinage son coincés. Partout ailleurs ce sont les spécialistes qui sont au cœur de la lutte contre ce virus. Ils sont les mieux outillés et les plus compétents pour s’occuper des malades et trouver le remède ou un vaccin. Chez-nous on fait toujours le contraire ».
À l’hôpital Jamot et à l’hôpital Général où nous nous sommes rendu, ce sont les mêmes griefs évoqués par les médecins spécialistes, infectiologues entre autres. « Les hôpitaux ne sont pas équipés de dispositifs pour prélever ou tester les suspects en cas de coronavirus » nous a confié l’un d’eux. « Si nous avons un cas suspect, nous aussi nous devons appeler le 1510 comme n’importe quel citoyen et attendre qu’une équipe du ministère se mette en mission pour s’en occuper, faire les prélèvements et envoyer au centre pasteur. C’est scandaleux », ajoute -t-il.
Avant que nous n’allions sous presse, un autre médecin spécialiste nous faisais savoir que la capacité du centre d’isolement de l’Hôpital centrale est de 20 lits et nous sommes déjà à 15 cas déclarés. S’il y avait plus de cas comme en Europe, ce serait une vraie catastrophe. Vous comprenez pourquoi quand l’OMS demande aux pays africains de se réveiller ou de s’attendre au pire, ce n’est pas une blague. Le gouvernement doit déjà mobiliser l’armée pour la mise sur pieds d’hôpitaux de campagne si le pire arrivait, ce que personne souhaite, nous a-t-il confié. Si rien n’est fait, on ne comptera plus les cas pour compter les morts.