En poste à Yaoundé depuis septembre 2023, l’Ambassadeur, Chef de la Délégation de l’Union européenne au Cameroun, S.E. Jean-Marc Châtaigner, est arrivé au terme de sa mission diplomatique.
Avant son départ, le diplomate européen a été reçu en audience ce mardi 18 août 2026 par le Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana.
Au-delà des civilités liées à la fin de séjour, cette rencontre aura surtout permis aux deux personnalités de dresser un état des lieux de la coopération commerciale entre le Cameroun et l’Union européenne, partenaire économique majeur du pays.
L’UE est en effet le premier partenaire commercial du Cameroun. Elle investit dans l’agriculture, le développement social et les infrastructures.
Cacao, café et banane : une qualité reconnue
Parmi les principaux sujets abordés, la qualité du cacao et du café camerounais a occupé une place de choix.
Les deux parties ont évoqué le travail accompli conjointement au cours des dernières années. Objectif : améliorer la qualité et la compétitivité de ces deux produits emblématiques de l’agriculture camerounaise.
Cette démarche porte aujourd’hui ses fruits. Hier bannis du marché et sujets à une décote automatique, le cacao et le café du Cameroun ont totalement inversé la tendance.
Ils se positionnent désormais sur le marché international comme des produits de référence, sinon de premiers choix et d’excellence.
C’est, sans conteste, une victoire à inscrire à l’actif de la coopération entre le Cameroun et l’Union européenne.
Il en va de même de la banane du Cameroun. Elle figure désormais parmi les leaders mondiaux en matière de qualité, fruit de la coopération entre les deux parties.
Le défi du règlement européen sur la déforestation
Les discussions ont également porté sur le Règlement de l’Union européenne sur la déforestation (RDUE). Ce texte constitue désormais un enjeu majeur pour les filières agricoles exportatrices.
Pour le cacao et le café camerounais, cette nouvelle réglementation européenne impose de renforcer davantage les mécanismes de traçabilité et de durabilité.
Le RDUE interdit la mise sur le marché européen des produits issus de terres déboisées après le 31 décembre 2020. Son application générale est fixée au 30 décembre 2026.
Loin d’être perçue uniquement comme une contrainte commerciale, cette réglementation peut constituer un levier pour consolider la qualité et la réputation des produits camerounais.
Vers un partenariat élargi
Les deux interlocuteurs sont également convenus d’élargir ou de renforcer le partenariat à d’autres secteurs que le commerce. L’investissement est en particulier visé.
Cette démarche s’inscrit en droite ligne de la politique de transformation structurelle de l’économie camerounaise. Objectif : la valorisation locale de ses ressources.
Un héritage positif
Au total, en quittant le Cameroun après trois années de mission, S.E. Jean-Marc Châtaigner laisse derrière lui un partenariat commercial solide.
Au-delà des chiffres, ce partenariat repose sur des intérêts économiques partagés.
Le diplomate européen a d’ailleurs été élevé à la dignité de grand officier de l’Ordre national de la valeur lors d’un dîner d’Etat. Une reconnaissance de son œuvre pour le renforcement des liens d’amitié et de coopération entre le Cameroun et l’institution qu’il représentait.


